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Bien mal acquis 
Extrait de L'AUTRE CHEMIN, 1972 
 
Les aiguilles de sa montre de plongée indiquaient sept heures. Le soleil brillait déjà haut dans un ciel exempt de nuages. Traçant un large sillon d'écume blanche, le bateau glissait doucement en direction de la côte française. Loin derrière lui, les localités de la rive suisse s'estompaient peu à peu dans un léger voile de brume, promesse d'une journée plus torride encore que la précédente. 
 
La main sur le gouvernail, Gérard Hautier considéra son attirail de pêche soigneusement disposé au fond de la barque. "Belle journée pour la perchette, ça devrait mordre ! " songea-t-il. Mais, au fond, le cœur n'y était pas. Préoccupé par ce qu'il allait entreprendre, son esprit vagabondait ailleurs, sur de tout autres chemins. Oubliant rapidement la pêche, il jeta pour la cinquantième fois peut-être un coup d'œil inquiet sur la petite mallette en simili cuir noir posée sous le siège de la poupe. La vue de l'objet parut le rassurer. Dans quelques heures, tout serait joué. Finis les tracas, adieu les embêtements !... Son passé appartiendrait définitivement aux choses mortes. 
 
Tout s'était déroulé avec une facilité déconcertante. Presque trop beau pour être vrai, se dit-il. Pas moyen pourtant de nier l'évidence; même la dernière phase de son plan s'accomplissait avec une telle précision qu'il se prenait à regretter tant d'années perdues. Il n'avait pas de remords. A ce stade, de tels sentiments eussent tout réduit à zéro. Et, justement, il était parti du point zéro et comptait bien ne plus y revenir. Une pointe d'amertume l'agaçait cependant; pourquoi n'avait-il pas compris plus tôt à quoi sert l'argent des autres ? Que de temps il avait mis. Heureusement, la leçon apprise, il avait su la mettre à profit. 
 
Que serait-il devenu si le hasard ne lui avait pas mis ce fameux prospectus entre les mains ? Aurait-il continué à vivre cette existence déprimante, partagée entre une épouse qu'il n'avait jamais su aimer et une maîtresse devenant chaque jour plus exigeante ? Le spleen le guettait déjà lorsqu'il avait découvert le dépliant multicolore dans sa boîte aux lettres. La réclame émanait d'une banque de crédit dont il ignorait alors le nom. Il s'agissait d'une offre de prêt avec une multitude de possibilités de remboursement en dix, en vingt, voire en quarante mensualités. Toute personne solvable, vantait le dépliant, pouvait obtenir un crédit jusqu'à concurrence de vingt-cinq mille francs dans un délai maximum de quarante-huit heures. Séduit par cette proposition, Hautier s'était amusé à calculer l'intérêt; après avoir vérifié deux fois ses chiffres, il était arrivé à 15taux qui, d'après ses connaissances, devait friser l'usure. 
 
Acculé par la proche échéance de son bordereau d'impôt, il avait délibérément écarté de son esprit ces modalités de remboursement. A peine s'était-il accordé une semaine de réflexion. Sa double vie lui coûtait cher et il n'était ni plus ni moins bien payé qu'un autre. Substantiel tout de même, son salaire eût pu lui assurer une vie convenable sans l'existence de Nadia. Sa liaison remontait à plus de quatre ans; au début, il s'était laissé piquer au jeu de l'adultère et avait cru naïvement au grand amour, mais assez tôt sa passion s'était effritée aussi sûrement qu'au fil d'une vie conjugale. Sa faiblesse de caractère l'avait empêché de rompre. Il abhorrait les explications. Nadia avait-elle continué à l'aimer ? Trompée dans ses espérances de mariage, elle avait vite su en tout cas tirer d'autres profits de la situation en lui empruntant des sommes de plus en plus considérables ou en exigeant des cadeaux toujours plus somptueux. Sa dernière trouvaille était une bague montée d'un diamant, dont le coût atteignait plus de trois mille francs. Que ferait-elle s'il ne s'exécutait pas ? Irait-elle jusqu'à mettre sa femme au courant de leur liaison ? Ayant eu tout loisir de découvrir sa cupidité, Hautier n'entretenait plus guère d'illusions au sujet de sa maîtresse et la croyait capable de commettre une telle bassesse. 
 
La peur du scandale avait eu rapidement raison de ses derniers scrupules. L'emprunt contracté, il parerait au plus urgent. Le fisc serait payé à bonne date, Nadia recevrait sa bague. Après, il déciderait... Peut-être, cette fois, aurait-il alors le courage de rompre, quitte à tout avouer à Marie-Laure. 
 
Il s'était rendu au siège de la banque et, devant les impressionnants guichets, avait débité avec application son petit scénario. Il était question notamment de mobilier à renouveler et de paiement au comptant du vendeur; il lui fallait vingt-cinq mille francs. Habitué à traiter avec une clientèle toujours encline à se justifier, le caissier n'avait pas sourcillé. Glissant une main sous le comptoir de marbre, il avait simplement tiré un formulaire et s'était mis à le compléter sous la dictée de Hautier. Quarante-huit heures plus tard, comme promis, ce dernier entrait en possession de la somme demandée après avoir apposé sa signature au bas d'un contrat par lequel il s'engageait à rembourser sa dette par un nombre incalculable d'acomptes mensuels de cinq cents francs. 
 
Décontenancé de prime abord par tant de facilité, il avait bientôt réalisé quel parti tirer de telles institutions. Obtenir d'autres prêts n'avait été qu'un jeu d'enfant. Durant une semaine, il avait écumé toutes les banques de crédit de la place. Répétant à chaque fois le même scénario, il avait signé pas moins d'une vingtaine de reconnaissances de dette portant toutes sur des sommes variant entre vingt et vingt-cinq mille francs. 
 
Aujourd'hui, il était riche. L'affaire ne lui avait pris qu'une dizaine de jours. Un demi million s'entassait en belles coupures de cents francs dans la petite mallette acquise spécialement pour cet usage. Un coup de génie ! Il était non seulement riche, mais libre par-dessus le marché. Le désir d'en finir avec Nadia avait engendré un sentiment plus profond qui sommeillait en lui depuis longtemps, ne demandant qu'à s'extérioriser. Quitter sa femme ! Rompre une fois pour toute avec un genre d'existence auquel il n'avait jamais su se plier. Accomplissant l'une des dernières phases de son plan, il ne pouvait s'empêcher de sourire face à tant d'aisance. II n'avait pas eu besoin de s'expliquer, pas même eu besoin de courage. Il n'avait fait que suivre son intuition, et personne pourtant ne lui réclamerait des comptes. 
 
Il était libre, LIBRE... 
 
L'embarcation entrait dans les eaux transparentes et peu profondes d'une petite crique. Hautier coupa le moteur et s'installa aux rames afin de procéder aux manœuvres d'abordage. La barque s'immobilisa bientôt dans un douloureux crissement de galets. Empoignant sa mallette, il sauta à terre et contempla les alentours. L'endroit était sauvage et désert; cela aussi entrait dans son plan. Nernier et Yvoire, les villages les plus proches, se trouvaient à plus de quatre kilomètres. Personne, à cette heure encore matinale, ne viendrait le surprendre. 
 
Négligeant les cailloux pointus qui entravaient sa marche et lui écorchaient la plante des pieds à travers les semelles trop fines de ses souliers, Hautier se dirigea d'un pas résolu vers un groupe de buissons situés à une cinquantaine de mètres de la rive. La place était restée gravée dans sa mémoire comme s'il l'eût toujours connue. Pas un brin d'herbe n'avait été foulé depuis sa visite de reconnaissance, une semaine plus tôt. Ecartant un tas de bois mort, il déposa la mallette noire au fond d'un trou et se mit aussitôt en tâche de la recouvrir. Lorsqu'elle eut complètement disparu sous l'enchevêtrement de branchage, il recula de quelques pas. Aucun indice ne permettait de distinguer le tas des autres tas de bois éparpillés de-ci de-là tout au long de l'épaisse lisière de buissons. Bien malin qui eût pu deviner qu'une fortune se cachait là-dessous. 
 
Hautier se frotta les mains, visiblement satisfait de lui. La phase la plus importante de son plan était achevée. Comme prévu, elle s'était déroulée sans encombre. S'assurant d'un coup d'œil circulaire que la plage était toujours déserte, il commença à se déshabiller. Quand il n'eut plus que son slip de bain sur le corps, il fit un paquet de ses vêtements, alla les cacher sous un buisson, et regagna son embarcation. Le moteur vrombit au premier coup tiré sur la corde du démarreur et le bateau s'éloigna rapidement vers le large. 
 
Le bouchon piqua brusquement. Hautier ferra d'un coup de canne brutal, tirant au bout de sa ligne une perchette frémissante qui, les branchies ensanglantées, ne tarda pas à rejoindre ses congénères gisant ventre en l'air au fond de la barque. Cette partie de pêche insolite entrait elle aussi dans la composition de son plan. La demi-douzaine de poissons, que l'on trouverait en découvrant le bateau, témoignerait sans conteste qu'il s'était embarqué dans le but bien précis de taquiner le goujon. Qui pourrait s'en étonner, puisque, depuis toujours, la pêche était son passe-temps favori? 
 
Dans quelques heures, peut-être moins, un barreur solitaire apercevrait une barque flottant à la dérive. Aussitôt alertée, la brigade du lac dépêcherait une équipe d'hommes-grenouilles sur les lieux. Le temps de circonscrire les recherches, il aurait depuis longtemps gagné l'intérieur du pays. De la rive, où il récupérerait sa mallette, il marcherait jusqu'à Yvoire. Le car pour Annemasse partait à dix heures et demie; d'Annemasse, il se rendrait à Lyon où il monterait dans le direct pour Marseille. Après, il s'en remettrait à la providence... Tout avait si bien marché jusqu'ici qu'il n'éprouvait aucune crainte. Il n'aurait pas de peine à se procurer de faux papiers, surtout à Marseille où ce genre de trafic devait abonder. En y mettant le prix, il changerait ainsi d'identité sans se heurter à trop de complications. Ensuite, et le plus tôt serait le mieux, il s'embarquerait sur le premier navire en partance pour l'Amérique du Sud. 
 
Personne n'entendrait plus jamais parler de Gérard Hautier. 
 
Les plongeurs dragueraient systématiquement le lac sur plusieurs centaines de mètres carrés. En vain; au bout de sept jours - Hautier s'était renseigné discrètement à ce sujet - le juge d'instruction mettrait un terme aux recherches officielles en concluant à une noyade. D'un œil amusé, Hautier contempla la mise en scène qu'il venait de préparer. Rien ne clochait. Les reliefs de son casse-croûte, composé de pain et de saucisson, s'étalaient à côté d'une bouteille aux trois quarts vide sur une serviette blanche maculée de taches de vin rouge. Tout le reste, ce qu'il était censé avoir bu et mangé de bon appétit, il l'avait balance par-dessus bord, loin de l'endroit où il se trouvait maintenant. En découvrant cela, les enquêteurs songeraient immédiatement à une noyade par congestion. Faux mouvement... malaise ? Toute une série d'hypothèses s'offrirait à eux et ils n'auraient qu'à choisir au plus près de leur conscience avant de noircir les pages de leur rapport. 
 
Combien de temps s'écoulerait-il avant qu'éclate la vérité au sujet des emprunts ? Continuerait-on à croire à une noyade ? La justice est parfois si longue à mettre en branle ses puissants rouages qu'il aurait franchi depuis longtemps l'océan lorsqu'un juge ergoteur, au visage en lame de couteau, ordonnerait l'ouverture d'une enquête plus approfondie. Ce qui se passerait alors ne le concernerait plus. 
 
Neuf heures. Le moment de passer à la dernière phase de son plan était arrivé. Un vague regret le saisit à l'idée d'abandonner le bateau sur lequel il avait tant navigué. C'était un bon bateau. En Amérique du Sud, il en achèterait un autre, un plus grand, avec un moteur beaucoup plus puissant. Là-bas aussi, il pourrait pêcher; plus aucune obligation professionnelle ou familiale ne l'empêcherait de s'adonner à son passe-temps favori. Il disposerait de tout son temps et, chaque matin, s'il en éprouvait l'envie, il prendrait la mer. 
 
Il plongea. L'eau, dont la température devait avoisiner celle enregistrée la veille dans les piscines municipales, procura à tout son corps un nouveau sentiment de bien-être. Une fois de plus, il se félicita de la tournure des événements. Tout avait été facile, beaucoup plus facile que prévu. A présent, il était riche et, à chaque brasse, disparaissant au fil des vagues, les derniers fragments de son passé s'enfuyaient derrière lui. Demain, Nadia apprendrait sa mort en parcourant distraitement les pages de son journal. Une façon comme une autre de rompre avec une relation trop pesante, songea Hautier sans remords. Le chagrin de sa maîtresse serait bref. Pleurant surtout la bague qu'il lui avait promise, elle recommencerait à hanter les bars pour mettre le grappin sur un autre amant qu'elle choisirait plus argenté que lui. Cette pensée, qui l'eût tourmenté quelques mois plus tôt, ne le chicanait plus. Ce que ferait Nadia le laissait indifférent. 
 
Et Marie-Laure? Pleurerait-elle lorsqu'on viendrait, avec tous les ménagements d'usage, lui annoncer sa disparition ? Sa femme l'avait aimé, sans doute l'aimait-elle encore. II était le seul responsable de la lente dégradation de leurs rapports conjugaux. Sans chercher à se justifier, il continuait à croire sincèrement qu'il n'avait pas agi sciemment. C'était autre chose... son esprit d'indépendance peut-être ? Au fond, il n'avait jamais su aimer à part entière et c'était probablement le seul regret qu'il emporterait avec lui. 
 
Mais d'autres images supplantaient déjà cette brève contrariété. Tandis que l'eau glissait le long de son corps bronzé, il voyait Rio-de-Janeiro, sa population bigarrée et cosmopolite, le dédale des ruelles s'entrecroisant et se mêlant à l'infini. La plus belle fille du pays accrochée à son bras, il s'arrêtait émerveillé devant l'amalgame hétéroclite d'objets exposés à la devanture d'un bazar chinois. Il voyait le petit village de pêcheurs dans lequel il avait l'intention de s'installer. Il y avait des bateaux qui s'entrechoquaient dans le port, une longue rue, avec son défilé d'indigènes, ses magasins, ses bars, son marché de poissons. Il y avait les maisons basses, toutes construites sur le même modèle, des habitations propres et bien entretenues où il fait bon vivre. Il possédait la plus luxueuse, au centre du village; une servante brésilienne s'occupait de lui, et tout le monde le considérait. 
 
Bercé par tant de félicité, ses brasses se firent plus coulées. Au loin, un hors-bord décrivait de larges cercles, virait brusquement dans sa direction, s'approchait à quelques centaines de mètres, repartait de plus belle, effleurant à peine la surface tant sa vitesse était grande. Voilà un citoyen qui s'amuse comme un fou et qui ferait bien d'aller voir un peu ailleurs si j'y suis, pensa Hautier, soucieux de ne pas être repéré. La côte était toute proche maintenant et il distinguait déjà le groupe de buissons sous lequel il avait planqué son argent. Prudent, il se laissa couler et se mit à nager sous l'eau. Encore quelques brasses et... 
 
Ses yeux s'horrifièrent soudain lorsque sa tête refit surface pour aspirer une large bouffée d'air. Lancé à folle allure, la proue menaçante sautant aux creux des vagues, le canot automobile fonçait droit sur lui. Il plongea trop tard. Un bruit infernal lui battit les tempes, cependant qu'une douleur lancinante semblait déchirer son dos et sa nuque. Au prix d'un effort désespéré, il parvint à remonter à la surface et à s'y accrocher. L'eau était rouge tout autour de lui, mais il ne réalisa même pas qu'il baignait dans son propre sang. Avant qu'un voile opaque ne vienne définitivement troubler sa vision, il aperçut encore le hors-bord qui s'éloignait à toute vitesse au travers d'une gigantesque gerbe d'eau. Dans une étrange seconde de lucidité, la dernière, il songea que la silhouette du pilote ne lui était pas inconnue. Elle ressemblait à... De l'eau pénétrait dans ses narines. Il étouffait. 
 
Nadia !... 
 
Le nom résonna dans sa tête aussi brusquement qu'un coup de canon. Pas de doute possible; avec ces longs cheveux blonds tombant sur les épaules, c'était bien la silhouette de Nadia. 
 
La garce ! Comment avait-elle deviné ? 
 
Elle se vengeait, et, en se vengeant, elle s'emparait du même coup d'une fortune qui lui assurerait confort et sécurité jusqu'à la fin de ses jours. Un joli coup, en vérité ! Il n'était qu'un jobard et s'était laissé duper comme un enfant de six ans. Maintenant, Nadia fonçait en direction de la côte pour aller récupérer le fric.  
Une garce ! 
 
L'horizon tournoya impitoyablement quelques secondes, sembla se dresser à la verticale, puis s'éteignit. La petite crique s'enfonça et, avec elle, disparut le buisson sous lequel il avait placé toutes ses espérances. L'eau qu'il avalait l'empêchait de respirer. Il... Comme pour le narguer, quelques images se dessinèrent encore dans son esprit: une petite mallette contenant presque un demi million en belles coupures de cent francs toutes neuves, un village sur la côte brésilienne, une vie comme... 
 
Un tourbillon l'entraîna. Il tenta encore de se débattre, mais l'eau l'assaillait, s'engouffrait en lui, l'attirait inéluctablement dans son profond linceul. Il n'eut bientôt plus conscience que, pour lui, c'était la fin. 
 

* * *
 
 
Par ironie du sort, on ne repêcha jamais son corps. Le juge, qui au bout de quelques semaines avait fini par classer le dossier, ouvrit une nouvelle instruction lorsqu'il fut amené à constater les escroqueries. La thèse de la noyade fut aussitôt écartée au profit de celle de la disparition. Pas moins d'une vingtaine de plaintes furent déposées contre Hautier au cours des mois qui suivirent. 
 
C'est à peine si, peu de jours après la fin tragique de Gérard Hautier, les lecteurs de Nice-Matin accordèrent quelque attention à ce court entrefilet inséré en toute dernière heure sous la rubrique des faits divers : 
 
"Estérel : 
Hier soir, vers vingt-trois heures trente, une automobile italienne qui roulait en direction de Fréjus a brusquement quitté la route de la corniche et s'est écrasée une cinquantaine de mètres en contrebas au pied de la falaise. Les deux occupants ont été tués sur le coup. D'après les premiers renseignements que nous avons pu obtenir, le conducteur serait un médecin milanais fort connu dans le monde de l'ophtalmologie pour ses opérations de la cataracte. Par contre, à l'heure où nous écrivons ces lignes, il n'a pas encore été possible d'établir l'identité de sa compagne, une jeune femme d'une trentaine d'années voyageant sans passeport. Au dire de certains témoins, il pourrait s'agir d'une auto-stoppeuse que le médecin aurait prise à son bord à la sortie de La Napoule, quelques minutes seulement avant l'accident".
 
 
Ce n'est que le lendemain que la presse parla de la petite mallette noire à laquelle s'agrippaient encore les doigts de la jeune femme lorsque la police parvint sur les lieux. Rapidement montée en épingle par les journalistes, cette mystérieuse découverte défraya la chronique durant de longs mois, laissant place aux suppositions les plus invraisemblables. 
 
Mais la précaution qu'avait prise Nadia en convertissant les billets de cent francs en devises étrangères égara longtemps les recherches. Il fallut plus d'une année et toute la perspicacité des agents de l'Interpol pour remonter jusqu'à ce que l'on appelait déjà "L'affaire Hautier". 
 
Une affaire qui, on peut l'affirmer aujourd'hui, eut un certain retentissement dans les divers milieux financiers. 
 

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Modifié en dernier lieu le 1.05.2008
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